Tous les poètes de haïkus ont aimé manipuler les mots, faire frissonner les consonnes, malaxer les aspirations humaines, tout en triturant leurs propres inspirations. L'auteur, Daniel Gueysset, n'est pas un puriste de la tradition. D'ailleurs, n'est-ce pas un non-sens que de vouloir travailler à représenter l'impermanence de la vie en restant sur des modèles ancestraux ? Si la contrainte créative permet de se surpasser, la mélancolie, la subjectivité, les impressions intimes que tous nous pouvons ressentir à un moment où à un autre de notre vie, font le reste. Les Haïkus sont traditionnellement liés à la thématique des saisons. Mais l'auteur a choisi de prendre des libertés: ce recueil présente des haïkus redéfinis. Pas forcément de kigo ou de kireji dans ces poèmes. S'ils n'ont parfois pas de kireji ( de référence aux saisons ) ils matérialisent toujours, de façon sonore, une sorte de tableau impressionniste intime: un paysage intérieur. Les hokku sont parfois contextuels, parfois non. Ce n'est pas l'essentiel. Ce livre n'a pas la prétention de redéfinir ou de réinventer un modèle du genre. Ces poèmes n'ont d'autre raison d'être que la résonance qu'ils auront chez le lecteur. Dans ce recueil, un haïku est avant tout un aphorisme, une sentence rythmée d'allitérations, d'anaphores entêtantes et de souvenirs intimes. Une invitation à la réflexion et à la rêverie.
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