Quel serait l'univers de Wong Kar-wai sans ses effluves colorées, ses néons fonctionnant à l'ardeur des personnages traversant ses films ? Fantomatiques et attractifs, ils découlent de l'œuvre du hongkongais comme la musique qui les accompagne. Nous pensons alors subitement à l'étreinte passionnée de «In The Mood For Love» ou aux fluorescentes photographies de ses «Blueberry Nights». Pour son premier single, le sublime titre «Loverboy», Lomboy rénove les années d’avant ce deuxième millénaire, où musique rimait avec liberté, libre clairvoyance et richesse absolutrice, ce temps où le tournant fut aussi radical qu’une route en épingle. Le titre apparaît en premier comme un grand spleen urbain, libéré dans un espace fait d’asphalte et de paradis artificiels. Des groupes comme Hooverphonic ou même Portishead viennent caresser cette douceur lancinante qu’est «Loverboy», barbotant dans l’électronique lounge des années 90. Un rapport de soumission au corps, de dévotion dans le couple, de l’amour passionnel et déchirant au pays du soleil levant. «Warped Caress» est ainsi fait, au centre d’une féminité assumée, non exacerbée mais charnelle, comme la voix langoureuse de Lomboy qui semble avoir caressé mille et une peaux.
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