Si le drame musical domine largement la production de Richard Wagner, on goûte davantage aujourd'hui ses œuvres d'un genre différent : c'est tout l'intérêt documentaire du présent CD Hänssler. Non seulement les désormais fameux Wesendonck Lieder y sont proposés dans leur version originale voix/piano, mais encore y sont-ils entourés de pièces pianistiques et/ou vocales – dont certaines en première mondiale – suscitées par les deux principales amours wagnériennes, Mathilde Wesendonck et Cosima, sa future épouse. Ainsi la première de ces muses a-t-elle inspiré en 1853-1856 une Sonate et une Lettre en musique dont le climat incertain se rattache directement à l'univers de Franz Schubert, en moins alangui toutefois. La seconde fut dédicataire en 1882 de la très courte Élégie, ébauchée du temps de Tristan & Isolde ; Wagner la joua dit-on la veille de sa mort, au Ca' Vendramin de Venise. Pour Cosima également est le charmant cycle Vier weiße Lieder, où s'apprécient deux mélodies en français d'après Victor Hugo et Pierre de Ronsard. Las ! l'émission ululante, l'articulation molle et la prononciation douteuse de Maria Bulgakova obèrent un recueil dont les plus grandes satisfactions sont dues au Konzertflügel Steingräber issu des manufactures de Bayreuth, que brusque parfois Andrej Hoteev (Jacques Duffourg-Müller)
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