Qu’elles soient macabres, diaboliques, tristes, transcendantes, russes ou italiennes, ces « Voltiges » obéissent à la tyrannie de la virtuosité. Le virtuose est la figure iconique du musicien soliste. Funambule d’octaves, jongleur de trilles, acrobate d’arpèges, prestidigitateur de doubles croches, ses crépitements digitaux et les étincelles qu’il fait surgir subjuguent un public amateur d’adrénaline et de grand frisson. Quel incomparable plaisir, au fond, et quel émerveillement de voir l’artiste se jouer des chausse-trapes les plus périlleuses, et transformer un instant l’estrade compassée du concert en chapiteau circassien de trapèze volant. Peu importe alors qu’il ait ou non pactisé avec le diable : pour ce bonheur-là, laissons-le nous ensorceler! Bertrand Périer Pour réaliser cet enregistrement, Tristan Pfaff a choisi l’Opus 102, à la conception mécanique hors-norme. Il en explore et en exploite les ressources infinies. Depuis le début de son existence, ce piano a souvent été comparé aux créations d’Ettore Bugatti, fondateur de l'industrie automobile de luxe et de compétition A son propos, Jacques Drillon a pu écrire « Il semble se vautrer dans une douceur incroyable, et s’enivrer de fortissimos terrifiants. »
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