Mieczyslaw Weinberg fait partie, avec Bartok et Ysaÿe, des rares compositeurs du 20ème siècle à avoir écrit des œuvres pour violon seul véritablement majeures. Renate Eggebrecht le sait bien, qui poursuit avec bonheur son exploration systématique de ce répertoire sans que se détache, malgré de très belles choses vues à droite et à gauche, un corpus d’un telle prégnance. Car comme le soulignait Dimitri Chostakovitch, qui, toute sa vie apporta son soutien à Weinberg, « [dans sa musique], il n’y a pas une seule note vide ou sans importance ». Mais l’oxygène est rare à de telles altitudes et plus d’un auditeur pourra être rebuté par les stridences de la sonate n° 1, que Renate Eggebrecht ne fait rien pour atténuer, ou par les 22 minutes 30 en une seule coulée de la 3ème. Les interprètes, eux non plus, ne se bousculent pas : Gidon Kremer, qui s’intéresse de très près au compositeur, ne s’y est pas encore attaqué et c’est à Linus Roth, fervent défenseur de la musique de Weinberg, que l’on doit la seule alternative à cette intégrale tendue et décapante dont on ne sort pas indemne. (Yves Kerbiriou)
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