Formé à l’Institut Musical Dramatique de l’École Philharmonique de Moscou, Viktor Sergeïevitch KALINNIKOV (1870-1927) fut actif comme chef de chœur et d’orchestre dans diverses écoles et théâtres musicaux moscovites, ainsi que professeur au Conservatoire de 1922 à sa mort. Il est le frère du symphoniste Vassili Kalinnikov (1866-1901). Viktor Kalinnikov appartient, quant à lui, à ce groupe de compositeurs russes (avec Chesnokov, Golovanov, Kastalski, Nikolski ou Shvedov, entre autres) qui, au tournant des deux siècles, se dédia principalement au répertoire choral sacré, enrichissant considérablement le corpus musical des liturgies orthodoxes. Durant les deux premières décennies du XXe siècle, leur activité était centrée sur l’école synodale de Moscou et son célèbre chœur d’hommes et de garçons, avant que les autorités révolutionnaires n’interdisent toute musique et manifestation religieuse. À la différence des grands cycles de musique sacrée de Tchaïkovski, Gretchaninov ou Rachmaninov, écrits d’un seul tenant, les morceaux qui constituent les « Vêpres » de Kalinnikov ont été écrits isolément, entre les années 1914 et 1918, les années de la Guerre et de la Révolution. Elles sont groupées au sein d’un recueil dans l’ordre traditionnel de leur apparition dans l’office. Si sa santé, la situation politique et la place de la musique religieuse avaient pris un autre cours, sans doute Kalinnikov aurait complété l’œuvre par les hymnes encore manquants : la Grande Doxologie et le Ô Reine victorieuse.
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