Probablement grâce à la nouveauté et à l’aspect idiomatique de leur écriture, ces fantaisies pour flûte solo sont devenues une œuvre de base du répertoire pour l’instrument. Plus de deux décades après leur composition, Johann Joachim Quantz, pédagogue et compositeur renommé, a utilisé ces pièces à titre d’exemple pour des questions d’articulation. Critiqué par le flûtiste amateur Joachim von Moldenit à propos de la manière dont il expliquait comment utiliser le double coup de langue dans son ouvrage «Essai d’une méthode pour apprendre à jouer de la flûte traversière» (1752), Quantz a relevé le défi : Herr von Moldenit voulait «démontrer ses méthodes ridicules de production du son et d’articulation» en se mettant en compétition sur les fantaisies avec l’un des étudiants de Quantz. Mis au pied du mur, von Moldevit a été mis en difficulté. Les douze fantaisies de Telemann restent un défi pour les musiciens d’aujourd’hui, comme s’ils vivaient au dix-huitième siècle. Avec ce recueil, Telemann nous a laissé quelques-unes des pièces pour flûte solo les plus inventives et originales sur le plan musical de l’époque baroque. Elles couvrent l’éventail expressif le plus large possible dans le temps le plus bref et sont conçues tant dans un but pédagogique que pour le concert.
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