Haute figure de la vie musicale de son temps, musicien exigeant et sans compromis, Alberic Magnard demeure un compositeur qui force l'admiration et le respect de ses auditeurs. Mais, revers de ses exigences élevées, sa musique ne se livre pas facilement ; pour ceux qui font l'effort de la découvrir, elle réserve bien des beautés. Sa grandiose sonate pour violon (1901) écrite, comme la plupart des partitions françaises de l'époque pour Ysaÿe, est un chef d'ouvre de grandeur, d'architecture mais aussi de lyrisme puissant. A peine plus détendu, le trio (1905) poursuit cet idéal de clarté très française cher à l'auteur de Guercoeur et de Bérénice. Il ne faut pas manquer la réunion, sur un disque rempli de musique à ras bord, de ces deux pages majeures, d'autant que Geneviève Laurenceau bien soutenue par Oliver Trendl défend avec conviction ces partitions magistrales et injustement délaissées par nombre de ses confrères. (Richard Wander)
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