Le rapprochement entre la sonorité du clavecin et celle de la guitare est si naturel qu'il a donné lieu à de nombreuses transcriptions. Le jeune guitariste Finbarr Malafronte a ainsi pioché dans les œuvres de Rameau et de Scarlatti pour composer le programme de ce disque, son tout premier alors qu'il mène une remarquable carrière de concertiste international. Manifestement, Malafronte n'a que faire du renouveau baroque et des découvertes des interprètes historiquement informés. Point ici de trouvailles rythmiques ou d'ornementation, son jeu rectiligne mais non dénué de tendresse se situerait plutôt dans la lignée du couple Lagoya.- Presti qui en leur temps pratiqua le répertoire baroque. En revanche, il possède un sens aigü des nuances et des couleurs (Les Sauvages, l'Egyptienne). Pâles tricotets, une Poule un peu triste, les deux Menuets sont bien cadencés et les Triolets et l'Enharmonique distillent une sourde mélancolie. Si la folie et l'imaginaire des sonates de Scarlatti sont peu perceptibles sous les doigts du jeune guitariste (La polyphonie étrangement laborieuse de la Sonate en Mi), le tactus est en revanche parfaitement tenu, aussi bien dans la très langoureuse sonate en ré mineur que dans les sonates plus enlevées (K380, K118). Un très joli disque découverte. (Jérôme Angouillant)
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