Un bel opéra baroque fort peu connu, de Brescianello qui ne l'est pas davantage. Et qui mérite de l'être. En fermant les yeux, on croit écouter du Hændel pour le rythme, du Vivaldi pour les cascades sonores, les et la virtuosité exigée des chanteurs, plus précisément ici de Licori (Flavio Ferri-Benedetti), alto qu'aucune difficulté ne paraît arrêter, et de l'étincelante Nina Bernsteiner dans le rôle de Tisbé (particulièrement dans l'aria virtuose Fiero leon, aux envolées éperdues parfaitement maîtrisées ; Alceste exige de belles notes très graves : Matteo Bellotto les délivre avec aisance ((Non è fede esser crudel). Moins de charme dans la voix un peu raide du héros, Pyrame, Julius Pfeifer, mais il est vrai qu'il tue un lion, ce qui exige des muscles et une voix musclée. Les chours solides et carrés accompagnés au cor (S'ingombri la selva) interviennent avec élan et vigueur. On isolera une originale flûte champêtre (Annie d'anni in libertà) parmi les glissades échevelées des violons : instruments et voix délivrent un jaillissement continuel, exubérant et joyeux, d'autant que, contrairement au conte mythologique et mythique d'Ovide, tout finit bien : les fruits du mûrier sont toujours devenus rouges, mais plus du sang de Thisbé ! L'ensemble est vigoureusement et. joyeusement conduit par Jörg Halubek.
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