Comme leurs cousins (plus ou moins éloignés) des Little Rabbits ou de Tanger, The Married Monk fait partie de cette frange d'artisans français surdoués, pourvoyeurs d'une pop kaléidoscopique érudite mais distanciée. Ces frères d'armes de Yann Tiersen (lorsque celui-ci se rapproche de formats rock) et membres éminents de la fratrie francophone s'expatriant volontiers à Tucson (Jim Waters parraine à nouveau le disque) accouchent ici d'un quatrième opus aux ambiances incroyablement variées. Sans dispersion. Une fois de plus, après le très réussi R/O/C/K/Y (2001), les étiquettes valsent jusqu'à l'étourdissement (pop, rock, jazz, électronique.) et les époques se télescopent de manière improbable : un exercice de "crooning" , puis le groupe part revisiter la disco ou la pop synthétique des 80's, avant de se frotter, via une reprise, à John "James Bond" Barry. Cet incroyable échafaudage à base d'arrangements inventifs et sophistiqués vient étayer des titres concis : pas de velléités virtuoses ici, pas de folklore ni de bêtes tentations "revivalistes" , juste la volonté de cerner en quelques traits musicaux pertinents des ambiances mémorables. Ajoutons à cela l'arme secrète du trio, la magnifique voix de l'anglophile Christian Quermalet, et on tient là un disque à l'identité très forte : The Belgian Kick a beau sans cesse brouiller les pistes, il ne perd jamais le cap de l'excellence.
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