La version de Kurt Masur de la Léningrad avec le LPO a ceci de particulier qu'elle ne cherche nullement la beauté du geste. Entendons par là que les timbres entendus, surtout pour les vents et les cuivres, évitent malignement la rondeur, la plasticité de l'événement sonore, à l'image de ce que l'on peut entendre dans les versions russes de références dont certaines, il est vrai, pèchent par une captation techniquement moyenne. Masur se plaît à rester sur la réserve, retient ses forces, considère le texte symphonique non pas comme une grande fresque sonore descriptive inscrite dans l'histoire mais comme des micros-événements. Un jeu instrumental davantage qu'un plaidoyer. Ça change, c'est assumé et ce n'est pas forcément désagréable. (Nicolas Mesnier-Nature)
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