Né deux ans après Haydn, le musicien wallon Gossec se rend à Paris en 1751. Il succède à Rameau à la tête de l’Orchestre de la Pouplinière, formation de prestige. En 1769, il fonde le Concert des Amateurs qui, contrairement à son titre, est l’une des formations les plus réputées d’Europe. Directeur du Concert spirituel, de l’Ecole royale de chant, ce musicien républicain devient professeur de composition du Conservatoire qui est créé en 1795. Son catalogue comprend une trentaine d’œuvres pour la scène, nombre de pièces concertantes et d’inspiration “révolutionnaires”. S’ajoutent une cinquantaine de symphonies dont six réunies sous l’opus 4 publiées vers 1758. Voilà des œuvres pour le moins surprenantes. D’une profonde originalité, elles séduisent d’emblée par l’étonnante variété de leur écriture. Gossec utilise toute l’instrumentation de son temps, osant les dissonances, multipliant les effets de contrastes dynamiques et de tempos. De brusques silences, des pianissimi aux cordes suivis d’éclats aux cuivres témoignent d’une virtuosité de l’écriture dont Simon Gaudenz sait exalter la remarquable clarté et saveur de timbres. L’écriture des symphonies classiques en quatre mouvements évoque tout autant l’influence italienne que le goût versaillais. Chaque pièce possède une fraîcheur que l’on retrouve par la suite dans les symphonies médianes de Mozart. Enfin, on admire ici, la prise de son raffinée. Elle restitue avec beaucoup de naturel, les élans d’une musique pleine de panache. (Jean Dandrésy)
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