Avec cette Symphonie n° 7, il ne reste plus au label qu’à graver l’immense Symphonie n° 8 pour achever le cycle des musiciens hongrois. La Septième Symphonie de Mahler marque un tournant dans l’histoire de l’orchestre, au XXe siècle. Son expressionnisme, l’emploi de la technique du collage, les effets de la polyphonie, d’une harmonie qui invente le discours, toutes ces caractéristiques qui déroutèrent le public composent une synthèse du postromantisme viennois. La présente interprétation s’inscrit dans la démarche esthétique d’Ivan Fischer. Soucieux avant tout d’éclairer les plans sonores, le chef d’orchestre travaille sur l’extrême précision des équilibres, des moindres respirations, parfois au détriment de l’expression lyrique. Dans la complexité de cette symphonie, on sent qu’il retient les éléments rythmiques notamment liés à la marche. Pour autant, il définit avec justesse le climat pathétique du premier mouvement, rejoignant ainsi la pensée du compositeur qui affirmait que son adagio était « la Nature qui rugit ! ». Les superbes jeux de couleurs entre les cuivres illustrent la première Nachtmusik qui aurait été inspirée par la célèbre toile la Ronde de nuit de Rembrandt. On aurait aimé davantage d’ironie. Plus réussi, le scherzo est bien fantomatique, se déhanchant par la lutte entre les violons scintillants et des bois aux accents populaires. Voilà bien la danse des morts espérée par Mahler. L’excellent premier violon introduit la seconde Nachtmusik avec son esprit chambriste, mandoline et guitare incluses ! Ivan Fischer conçoit cette page comme une danse épurée, sans pathos. Le finale, d’une exubérance extraordinaire est admirablement tenu, Ivan Fischer organisant somptueusement… le chaos ! (Jean Dandrésy)
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