Réedition vinyle : Pour son premier album, le Parisien, illustrateur sonore dans le civil, opte pour des couleurs translucides et une techno ligne claire qui traverse en dehors des clous (c'est-à-dire de la techno minimale, qui confond désormais épure et inspiration zéro, et surtout de l'épisode saturé que traverse l'electro française). Spanish Breakfast opte avec réussite pour un BPM vigoureux et connecté sur des horizons à la Magritte, bleus, orangés et purs. Certes Rone (Erwan Castex) n'annonce pas une révolution copernicienne mais ses compositions font sacrément du bien aux petons. Spanish Breakfast, c'est un peu le correspondant parisien du Take My Breath Away du brésilien Gui Boratto : les tessitures sont différentes mais procurent le même dépaysement et la même envie d'altitude. Il y a aussi du Orbital ou du Plaid dans cette manière de donner vie à une musique organique, au souffle chaud (Poisson Pilote). Et Rone fait très fort : il parvient à rendre digestes les gémissements de saxo (sur La Dame Blanche), en général éliminatoires mais qui, ici, attestent d'un réel talent pour l'artisanat électronique. Les Inrocks
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