Le programme constitue un triptyque du romantisme allemand tardif autour du violoncelle et de Robert Hausmann, dédicataris ou catalyseur des trois œuvres. Dans la Sonate pour violoncelle n° 3 op. 94 de Heinrich von Herzogenberg, l'héritage classique vit dans un dialogue mesuré de proportions, de contrepoint et de chant. Avec la Sonate pour violoncelle n° 2 op. 99 de Brahms, la forme de chambre prend une ampleur quasi symphonique : intervalle et rythme engendrent une architecture où ardeur et mélancolie s'entremêlent. Le Kol Nidrei op. 47 de Max Bruch conduit enfin la chanson vers la mémoire liturgique juive, transformant le violoncelle en une voix de prière entre la supplique et la consolation. Hausmann unit ces chemins en une seule civilisation musicale, où l'amitié, le dévouement et la pensée formelle confèrent au son une gravité morale et une résonance durable.
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