Les quatre sonates réunies dans cet album, le premier de l’intégrale du corpus, sont interprétées avec une belle énergie et dans un esprit de clarté par le duo Foyle-Štšura, fondé en 2012. C’est ainsi que l’on entre dans la Sonate n°1 encore mozartienne, mais dont l’expression concise est traduite avec beaucoup de saveur. Le duo ne cherche pas à extrapoler sur la dimension révolutionnaire ou supposée comme telle de l’écriture beethovénienne : il joue avec fluidité, sans forcer le trait. Bien que capté un peu en retrait, le piano accentue la confrontation dans les dialogues souvent incisifs. Jouée non sans humour, la Sonate n°2 apparaît déjà comme une œuvre de transition avec ce retour, dans le finale, à une innocente simplicité dont le duo restitue fort bien l’élégance. La Sonate n°4 équilibre davantage la part des deux instruments. Les interprètes s’en tiennent à une approche rigoureuse, mais non sans charme. La Sonate n°5 est certainement la plus célèbre du cycle. La beauté et la clarté de la mélodie qui fait songer à quelque page de Mozart, sont énoncées tout d’abord au violon puis reprise par le piano. Le chant passe d’un instrument à l’autre et subit toutes les variations possibles. Pourtant dans ce paysage presque romantique, que de surprises, de découvertes si l’on y prête attention ! Sans aucun pathos, d’une parfaite lisibilité, le duo associe humour dans le scherzo et narration pastorale. Une belle réussite.
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