Héritage de Brahms et Schubert plus que de Beethoven, avec quelques accents de César Franck (dont le chef était un excellent interprète de la Symphonie en ré mineur), la sonate de Furtwängler aux thèmes assez simples voire presque « naïfs », tire tout son intérêt de sa structure en longs développements qui, comme on peut s'en douter, nécessite de la part des interprètes un souffle au long cours, un sens aigu de l'animation interne à chaque section, une puissance expressive et une dynamique quasi symphoniques (du pppp au ffff), ne donnant jamais la part belle à la pure virtuosité ou à l'effet facile. On l'aura compris, le compositeur demande ici à ses interprètes des qualités que le chef a lui-même développées au plus haut point. Et si la pianiste Katja Huhn et la violoniste Sophie Moser n'ont évidemment pas encore le génie ni l'expérience du chef, elles en ont manifestement, consciemment ou inconsciemment, retenu la leçon, s'emparant à bras le corps de ce texte difficile, réussissant à lui insuffler vie et dynamique, ne perdant jamais l'équilibre ni la ligne directrice, sachant bien éviter les baisses d'intérêt qui guettent ici où là, bref un bien beau travail. Patrick Georges Montaigu/ Concert de la Société Wilhelm Furtwängler / Resmusica.com
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