Il y a tout un monde entres les deux « petites » Sonates de l’op. 47, écrites comme pour répondre à l’opus 49 de Beethoven, simples partitions de plaisir, aussi faciles à jouer qu’à oublier, d’un classicisme pour salon assez convenue, et la grande Sonate op. 64 dont le sous-titre souligne la joie évidente qu’éprouva Dussek à retrouver la France. En 1811 il s’était à nouveau établi à Paris qu’il avait quitté juste avant la Révolution. Une Sonate ? Un portrait méditatif, plein d’interrogations, où les sentiments du compositeur se livrent sans fard à travers le clavier de son pianoforte. Il faut un interprète conscient des affects pour en rendre le discours complexe, Zvi Meniker y parvient avec mieux que de l’art, une vraie grâce, écoutez seulement le grand Adagio, si singulier avec ses phrases rapsodes, ses couleurs si romantiques. Et quelle nostalgie très ancien Régime il distille dans le menuet avant de pincer avec humour le Scherzo de caractère qui sert de finale à cette partition détonante. Le très beau Clementi de 1797 qu’il joue ici va aussi bien aux allures dégagées des Sonates de l’op. 47 qu’à l’univers plus inquiet, plus contrasté de ce merveilleux « Retour à Paris » où Dussek se montre au sommet de son art. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :