Mauro Tortorelli n'est pas coutumier des sentiers battus. Il le montre à nouveau avec cette publication qui, malgré un titre et une pochette peu avenants, s'avère aussi intrigante qu'originale et réussie. C'est lui qui a concocté ces treize morceaux « pour le violon seul » à partir de bandes originales de Nino Rota toutes plus célèbres les unes que les autres. L'adaptation de ces tubes, indissociables des images (celles de Federico Fellini, ainsi que de Luchino Visconti pour Le Guépard) dont ils sont restés les doubles sonores, constitue une gageure peu banale dont l'écueil principal serait de nourrir la paresseuse flânerie d'un spectateur désormais aveugle dans ses mélancoliques souvenirs felliniens. Mauro Tortorelli l'évite avec habileté ; sa démarche ne consiste pas tant à conduire ses auditeurs au cinéma, qu'à convier Paganini à une projection éminemment roborative, à l'issue de laquelle il aurait recueilli une coruscante salve de treize nouveaux caprices. De charmants pastiches, variant les acrobaties violonistiques, ne s'interdisant pas, au demeurant, de puiser à plusieurs sources de nostalgie. (Christophe Luret)
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