Deux illustres inconnus au programme de ce 77ème (!) volume de la série de concertos romantiques publiés par Hypérion. Hans von Bronsart fit une carrière de pianiste puis de chef d'orchestre à Leipzig, à Berlin (où il succéda à Hans Von Bülow) et Weimar. Quelques compositions émaillent son parcours : un Trio de jeunesse (1856), une « Fruhling Fantasie » qui fit l'objet d'un commentaire élogieux de Liszt et ce concerto pour piano composé en 1873 dédié à sa femme Ingeborg, élève de Henselt et excellente pianiste, et qui fut créé la même année par l'orchestre Hallé en Angleterre avec von Bülow au piano. Un Maestoso solennel ouvre le concerto suivi d'un Adagio ma non troppo langoureux qui se termine smorzando dans l'abîme. Une tumultueuse tarentelle enflamme le finale. L’œuvre nourrie d'influences diverses (Brahms, Chopin, Litolff) est d'un romantisme astringent et s'écoute sans ennui. Le concerto d'Anton Urspruch, proche de Joachim Raff et qui lui aussi fréquenta Liszt à Weimar, s'inspire de la symphonie Pastorale de Beethoven. Son écriture déliée et bucolique s'écoule tranquillement, troublée parfois par de brusques sforzando de l'orchestre. Le soliste accompagne le courant avec l'aisance du navigateur expérimenté. Dans le suave et chopinien Andante e mesto les traits délicats fleurissent à volonté sous les doigts du pianiste. Un furtif fugato et un motif à variations surgissent dans le final comme entraînés par un vent d'improvisation et l’œuvre se clôt par une coda martiale. Pianiste et chef interprètent ces deux concertos avec une probité remarquable et sans faute de goût. (Jérôme Angouillant)
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon, Amazon Marketplace.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :