Ce qu’à profusion Sviatoslav Richter me donne dans ce concert Leipzigois où il s’engloutissait dans l’océan des trois dernières sonates. Ce disque a une histoire : Richter, le trouvant un jour publié, le fit interdire, fait rarissime, alors que je l’ai vu à Milan embrasser Nikos Velisiotis qui avait édité sans lui demander la moindre autorisation les échos sonores médiocres de concerts oubliables. Il vous suffira d’entendre les accords de tonnerre du prestissimo de l’Opus 109 pour comprendre. Se réécoutant, Richter a eu peur car ce jour là il avait trouvé non pas l’Opus 109, mais Beethoven. Alors, je ne vais pas épiloguer, mais cette trilogie arrachée à un piano transfiguré à force de pure violence, cette crucifixion de sons m’ont conduit si loin que je n’en puis revenir et que j’ai renoncé à écouter les quatre bis pieusement ajoutés par un éditeur érudit et parfait (Discophilia - Artalinna.com). (Jean-Charles Hoffelé)
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