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Bis repetita chez Carus, enfin pas tout à fait : même compositeur, même interprètes, même programme sauf l'opus et la tonalité. Un second Requiem de Johann Adolf Hasse en mi bémol majeur datant de sa maturité et dont c 'est le premier enregistrement, complété d'un autre Miserere (en ré mineur). Le tout dirigé par Hans-Christoph Rademann et ses ensembles habituels: le chœur et l'orchestre de Dresde. Deux œuvres sombres restées dans l'ombre de leur jumelles, plus spectaculaires et représentatives du compositeur. A la suite de la mort subite de l'héritier au trône, Hasse devait quitter définitivement Dresde détruit par la guerre. D'emblée, l'atmosphère chambriste et recueillie du « Requiem Aeternam » s'en ressent. Le noyau de l'œuvre du Dies Irae à l' étonnant Lacrimosa (Mozart l'aurait-il entendu ?) exprime même dans une violence diffuse (la fugue du « Dona eis requiem ») une même volonté de paix consolatrice. Les arias sont moins décoratifs et empreints véritablement du sens du texte. Le Miserere en ré mineur profite du même contexte de création (pour l'Ospedale de Venise et d'après le psaume 50) que celui en ut. Six numéros confiés plutôt aux solistes qu'au chœur qui valent surtout pour l'expressivité emphatique des arias (le fastueux « Benigne fac domine » pour soprano colorature). Rademann est une fois de plus exemplaire de droiture et d'engagement pour révéler avec ses chanteurs l'humble humanité de ces deux très belles pages. (Jérôme Angouillant)
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