En mars 1908, Johanna Senfter, âgée de 27 ans, se rend « en pèlerinage » pour rendre visite à Max Reger à Leipzig. Après avoir étudié le piano et le violon au Conservatoire Hoch de Francfort-sur-le-Main, elle souhaite désormais apprendre la composition. Reger, de seulement six ans son aîné, n’était responsable d’une masterclass de composition musicale au Conservatoire royal de Leipzig que depuis un an. Johanna Senfter a commencé par prendre des leçons privées avec lui. Dix ans plus tard, elle se souvient de leur première rencontre. « Les cours particuliers que j’ai eus avec lui sont l’expérience la plus stimulante que j’ai eue jusqu’à présent. Reger était très exigeant. Max Reger était en effet un enseignant strict qui s’attendait à ce que ses élèves appliquent la même éthique de travail intransigeante que lui-même. De plus, pour le clarinettiste Kilian Herold, cet enregistrement réalise un rêve de longue date. « Les clarinettistes adorent le Quintette de Reger. C’est une pièce particulièrement belle », ajoute-t-il. « Reger se place dans la succession directe de Mozart et de Brahms : le Quintette est densément tissé, mais aussi totalement transparent – une œuvre baignée de lumière, pleine de couleurs, détendue et libérée de toute anxiété. » En ce qui concerne Kilian Herold, le quintette de Johanna Senfter est le pendant de Reger. C’est « une musique tout aussi magnifique, et l’auditeur peut dire qu’elle descend de Reger. » Johanna Senfter a elle-même ressenti cela après la mort de Reger : « Avec toute ma gratitude et mon admiration sincères, il restera dans ma mémoire. En tout cas, toute la beauté et la bonté que j’ai reçues de lui continueront à travailler en moi. »
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