Un sommet de la musique romantique interprété par des musiciens exceptionnels et servi par une prise de son exceptionnelle signée Nicolas Bartholomée. Franz Schubert (1797-1828) est avec Mozart l'un des plus fulgurants génies de l'histoire de la musique. Il passe la plus grande partie de sa vie à Vienne, lieu de prédilection de la musique de chambre, dont la pratique s'affirme dans tous les milieux : aristocratique, bourgeois ou d'étudiants. Beethoven y fréquente les salons des aristocrates, alors que Schubert crée principalement à l'intention de son cercle proche, famille et amis, qui se réunissent régulièrement pour découvrir ses nouvelles ouvres, lors de rendez-vous appelés « Schubertiades ». Le Quintette en la majeur op. 114 a été composé en 1819 à la demande du mécène et violoncelliste amateur Sylvester Paumgartner. Son titre « La Truite » se réfère au quatrième mouvement, une série de variations sur le célèbre lied du même nom (en allemand, Die Forelle), déjà célèbre dans toute l'Autriche. Le texte décrit la ruse d'un pêcheur pour attraper une truite insouciante, et met en garde les heureux inconscients contre les dangers de la vie. Les trois ouvres suivantes sont des transcriptions de lieder, genre musical que Schubert mena à son apogée. À travers les quelques six cents lieder qu'il écrivit, il réussit mieux que quiconque à opérer une fusion entre chant et piano pour atteindre des sommets de la littérature vocale et pianistique. Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet) est composé sur un texte tiré de la première partie du Faust de Goethe, parue en 1808 : Marguerite est seule et les tendres baisers échangés avec son bien-aimé lui manquent cruellement. Schubert a dix-sept ans quand il écrit ce premier chef-d'ouvre (octobre 1814). An Sylvia (1826) est tiré des Deux Gentilshommes de Vérone de William Shakespeare ; il reprend la sérénade chantée sous le balcon de la belle Sylvia. Le compositeur, en pleine possession de ses moyens, écrit la même année sa Neuvième Symphonie, son dernier Quatuor à cordes no 15, et les Quatre chants extraits du Wilhem Meister de Goethe. An die Laute (1827) est écrit sur un poème de Friedrich Rochlitz dans lequel le chanteur s'adresse à son luth, en lui demandant d'exprimer doucement les secrets de son cour auprès de sa bien-aimée. La Sonatina en ré majeur op. 137 (1817) est la première des trois sonatines écrites initialement pour « pianoforte et accompagnement de violon ». Elle est très influencée par Mozart et Beethoven, qui seraient les principaux modèles du compositeur. Schubert cite clairement Mozart dans le premier mouvement où il reprend le thème de sa Sonate pour violon et piano en mi mineur K.304.
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