En réalité, on devrait parler d'ouvres de Purcell-Britten. La basse et les lignes mélodiques sont toutes, entièrement, de Purcell, tandis que les « réalisations » de la basse chiffrée sont de la main de Britten. Les deux plus grands génies de la musique britannique se tendent ainsi la main à 250 ans de distance ; Britten, naturellement, n'outrepasse jamais le cadre harmonique préétabli par Purcell mais l'écriture, dès la première note, est moderne et bel et bien du Britten pur jus. Le magnifique résultat est on ne peut plus convaincant, et personne n'ira, j'ose l'imaginer, pester contre le fait que c'est un piano qui accompagne ces airs ! Car Britten nous offre une écriture intimement pianistique, merveilleuse d'intelligence et de transparence, qui sait jouer avec les nerfs de l'auditeur : osera, osera pas. Il ose, il ose, et pourtant, jamais il ne trahit le propos de Purcell une seule seconde. Quant à l'interprétation, qui rassemble la fine fleur vocale britannique de notre époque, elle se passe de commentaires. Lors de sa première publication, cet enregistrement a été gratifié d'un Diapason d'Or en décembre 1995.
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