De formation germanique mais s'étant ennuyé à Leipzig (pardon, ô Cantor!), Grieg trouva sa voie en ouvrant ses oreilles de troll lyrique à la musique populaire norvégienne. Il se fit apprécier à la fois par Brahms et par Tchaikovski, qui entre eux pourtant ne s'appréciaient guère esthétiquement. Ces 66 pièces en dix recueils dont ici une anthologie, c'est un journal intime sur plus de trente ans.En quelque sorte grand Albumsblätter (avec modèle schumannien), ou Romances sans paroles. Les paroles étaient plutôt pour sa cousine qu'il épousa, et qui cantatrice eut la primeur de ses mélodies. De ce compositeur peu iconoclaste (moins le vierge et vivace, que simplement le bel aujourd'hui), on se dit au fil de l'écoute : c'était un petit bonheur (Félix, comme Leclerc...) qu'il avait ramassé. Avec quelques morceaux virtuoses, deux ou trois tubes à reconnaître, d'agréables romances pour réclamer le soir (il descend, le voici). A ne pas écouter d'un bloc (pas plus que le piano de Tchaikovski). Mais en butinant comme ce bon Stephen Hough.Auquel il manque légèrement, pour animer davantage, ce gag irrésistible de déglutir un petit bout du parapluie qu'il aura possiblement avalé avant d'entrer en scène. Choix complémentaire? Guilels, Andsnes, Eva Knardahl, notre si regretté Ciccolini. Grieg laissait lucidement Bach et Beethoven élever leurs ''temples et églises'' sur les sommets et ajoutait modestement : ''J'ai voulu bâtir pour les hommes des demeures où ils soient heureux et se sentent chez eux.'' Mélomanes sincères, voici votre clé. Même si sans taxe d'habitation par le plus haut génie. (Gilles-Daniel Percet)
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon, Amazon Marketplace.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :