Si la Belgique des XIXe et XXe siècles est surtout connue pour son « école » de violon et ses personnalités aussi emblématiques que Henry Vieuxtemps ou Eugène Ysaÿe, elle se distingue aussi par une « école » de piano extrêmement dynamique. Dès l’indépendance du pays en 1830, les Conservatoires ouvrent de nombreuses classes, les pédagogues multiplient les publications de méthodes et d’anthologies et les facteurs de piano accompagnent le mouvement en multipliant les brevets et les instruments. Dans cet écosystème dynamique, les compositeurs ne sont pas en reste. Tous écrivent des œuvres pour cet instrument roi et les diffusent soit les interprétant eux-mêmes, soit en en les confiant ou en les dédiant à des virtuoses qui les jouent lors de concerts ou de concours. Le plus fameux d’entre eux, le Concours Eugène Ysaÿe (devenu le Concours Reine Elisabeth en 1951), voit triompher Emil Gilels, lors de sa première session de piano en 1938. Un quart de siècle plus tard, le tout jeune Jean-Claude Vanden Eynden, âgé de 16 ans, s’inscrit à son tour au prestigieux concours et y remporte d’emblée le troisième prix. Formé au Conservatoire de Bruxelles par Eduardo Del Pueyo, il connaît ensuite une carrière internationale qui dure désormais depuis…six décennies. Le programme de ce CD est un hommage à cette longue filiation de maîtres et d’élèves. Il témoigne de pratiques aussi bien que de réseaux d’amitiés qui singularisent cette « école » aux nombreuses ramifications.
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