Selon qu’on écoutera ici Muller ou Mozart, les avis divergeront à coup sûr. On le sait, Jean Muller est un bon pianiste… Il entreprend ici de nous le rappeler : que d’effets ! Pas un motif, une inflexion, une transition qui n’échappe au verre grossissant qu’il place devant les notes, frôlant plus d’une fois la vulgarité par excès. On y perd du coup, comme haché, le « filo » mozartien, écoulement de la musique faussement naturel à force de travail. J’ai pensé plus d’une fois à la torpille envoyée à Mlle Stein dans une lettre à Léopold en octobre 1777 au sujet du tempo : « Elle ne maîtrisera jamais la plus nécessaire, la plus difficile et la principale chose en musique, à savoir le tempo »… Ici les ralentis et accélérations nous attirent plus d’une fois vers le futur (l’Adagio de KV280, ou l’allegro de KV310 qui perd au passage son « maestoso » et dont la coda se rue sur les accords terminaux). C’est un éclairage particulier, au pianisme un peu superficiel (qui convient par contre très bien à la « sonate facile » des apprentis pianistes). A classer selon moi, sous la lettre M, plutôt à Muller qu’à Mozart. (Olivier Eterradossi)
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :