La postérité n’a pas été tendre avec Théodore Dubois. Pour avoir été couvert d’honneurs de son vivant (prix de Rome, directeur du conservatoire, membre de l’Institut, commandeur de la Légion d’Honneur) il fut taxé d’académisme sinon de passéisme dès la fin de sa vie ; cependant son « traité d’harmonie » est demeuré une référence pendant des décennies. Quant au compositeur, il fut rejeté durablement et sa résurrection est récente ; CPO avait déjà exhumé son concerto pour violon et sa sonate. L’invraisemblable fécondité du maître (plus de cinq cents partitions) joua également contre lui. Pourtant, l’audition de ces deux pages tardives de musique de chambre révèle de bien jolies surprises. Le quintette avec piano et hautbois (1907) met en valeur la sonorité fruitée du hautbois qui le pimente, et sa délicieuse Canzonetta mériterait de devenir un vrai « tube ». Quant au quatuor avec piano (1905), il montre que l’influence schumanienne s’éclaircit au contact de l’élégance d’un Saint-Saëns ou d’un Fauré. On salue une fois encore le travail des musiciens allemands réunis par CPO autour de l’infatigable Oliver Triendl, en plaidant pour que la résurrection de l’œuvre de chambre de Théodore Dubois ne s’arrête pas là, car il y a encore de nombreuses partitions dignes d’intérêt à redécouvrir.
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