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Je ne lis jamais les notices avant une première écoute. Pendant celle-ci, j’avais noté « euphorie » et « sincérité ». Je les retrouve en ouvrant le livret, le premier sous la plume de la Süddeutsche Zeitung et le second transparaissant à chaque ligne du texte d’introduction, dû au pianiste. Quelle voix singulière, comme (comparaison n’est pas raison) un hybride de Perahia et de van Immerseel ! L’émerveillement qu’il dit avoir ressenti enfant devant ces 2 concertos (les 2 plus beaux de Mozart selon Olivier Messiaen, excusez du peu) s’entend de la première à la dernière note, en même temps que le souci de retrouver sur cet énorme bateau de Steinway l’esprit du pianoforte (quelles attaques !). Bien sûr cet enthousiasme se traduit par quelques débordements « pas tout à fait » textuels, mais je rends les armes : c’est toujours en situation, jamais au détriment de l’œuvre. Il y a bien longtemps que je n’avais plus eu ainsi la larme à l’œil, de jubilation au final du K.453 et d’affliction à l’adagio du K.488… L’orchestre n’y est pas pour rien, pas accompagnateur mais partenaire concertant vraiment avec un souci des détails très impressionnant (fruit d’un gros travail en amont avec Michael Waterman, avoue le pianiste). Seul petit reproche peut-être : une prise de son un peu grossissante. Bon, je ne suis pas dupe, la discographie regorge de merveilles que je connais… mais voilà un disque singulier, remarquable, une voix à surveiller. (Olivier Eterradossi)
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