Spécialiste, entre autres, de l’œuvre de Bach, Angela Hewitt apporte une lecture profondément originale à ses Partitas. La pudeur, tout d’abord, le toucher amoureusement ciselé, la clarté lumineuse, ensuite, déroutent et enchantent. Voilà une approche personnelle intéressante. La captation légèrement réverbérée et pourtant très bien définie incite à écouter la pianiste canadienne à un niveau sonore assez élevé. On goûte alors la souplesse des phrases, une conduite du chant qui ondoie. Cette faculté à faire chanter sans appuyer, à dire les choses clairement sans les alourdir est, au début, assez intrigante. On attend les danses les plus rapides, les mouvements polyphoniques les plus complexes pour avancer, avec elle. Tel menuet, que l’on connaît interprété souvent assez lentement est, sous ces doigts, allant. Elle conçoit ainsi chaque Partita comme un univers dont les atmosphères sont intimement liées entre elles. Elle joue d’une approche libre et concentrée à la fois sans jamais aucune nervosité ou effet de style inapproprié. L’auditeur ressent ainsi une sorte de flux continu alors que le jeu ne cesse de se métamorphoser. Les courbes arrondies des phrases étonnent. Elles insufflent une clarté qui privilégie l’élégance des timbres et la projection du chant. (Jean Dandrésy)
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