Le batteur du groupe Who Made Who sort un troisième disque solo : Il est donc possible d’être batteur, DJ et en même temps producteur d’une pop électronique qui donne envie de fermer les yeux et de ne plus penser à rien. On a fait trop de plaisanteries sur les batteurs. L’homme qui réussit cet exploit est danois, il se nomme Tomas Barfod et si trop peu de gens connaissent encore son nom, Who Made Who, le groupe derrière les fûts duquel il se cache depuis 2003, n’a plus grand-chose à prouver. Si Who Made Who s’est fait connaître depuis le début des années 2000 avec un cocktail souvent très efficace de dance punk et d’electro-pop, la musique de leur batteur est plus «émotionnelle». Baptisé Grandiose (ce qui est peut être un peu exagéré), le titre d’ouverture de ce nouvel album débute comme le O Superman de Laurie Anderson, avec une voix féminine samplée qui répète en boucle infinie «Ah ah ah ah…» tel un battement de cœur. Tout au long de l’album, on restera dans cette ambiance, un peu mystérieuse, chic et caressante. Les titres instrumentaux, qui composent Paloma pour moitié, s’inscrivent dans la tradition de la house du Grand Nord, quelque part entre le Tessio de Luomo et le (plus connu car tube mondial) premier album des Norvégiens Röyksopp. Ils font danser avec efficacité (Hope in a Box) ou ont des accents de science-fiction et de psychédélisme (Panthéon, Rodhes). Pourtant c’est avec les titres chantés (par Nina K, qui l’accompagne depuis son premier album, ou ses compatriotes les sœurs Louise et Sharin Foo) que l’album décolle réellement. On se gardera des prédictions, mais, en tout cas, Things That Matter pourrait être un tube, romantique et ciselé. Tout comme Tidal Wave, qui clôture le disque sur une note cristalline et glacée dérivé de Björk. Une délicieuse alchimie.
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