Réédition vinyle : Retour à Bruxelles, retour au gruau primordial de notes et de fureur de la musique libertaire de la fin des années 70. L'histoire de ces cultes Onze Danses pour combattre la migraine, c'est celle de l'une des plus belles aventures de la musique libre qui commence. En 1977, le jeune Marc Hollander est déjà un musicien «professionnel», mais il n'est presque personne. Il a joué dans Cos et animé Here and Now, deux institutions jazz psyché rock plutôt indéfinissables, aux destins plus ou moins emmêlés avec quelques institutions art rock françaises - François Billard, par exemple, est l'un des membres fondateurs du mythique Barricade de Marseille, où sévit aussi un certain Hector Zazou. Trois décennies plus tard, Marc Hollander, évoquant via Skype l'étrange contexte d'émergence des Onze Danses, se souvient que Here and Now, «c'était du prog, mais qu'on y retrouvait déjà plein d'éléments d'Aksak Maboul. Du rock free, avec des éléments orientaux de pacotille. Mais c'était un groupe d'étudiants, j'avais 19 ans». La jeunesse n'empêche pas le groupe de signer un contrat, à Paris, avec le mythique label BYG, émanation discographique du magazine Actuel dirigée par Jean-Luc Young et Jean Karakos. Mais tout devient vraiment sérieux et étonnamment clair dans la tête de Hollander quand il commence à travailler sur Onze Danses à la demande du label naissant Kamikaze, dernière initiative de l'esprit libre Marc Moulin, célèbre pour avoir transformé le canular Telex en l'un des plus beaux groupes de pop synthétique de l'histoire. «Il y avait eu une commande de l'antenne belge des disques Vogue, qui ne faisait que de la variété, à l'époque. Marc Moulin s'était mis en tête de produire des disques obscurs, du genre que les gens comme nous collectionnaient, et avait réussi à dégager un petit budget», se souvient Hollander.
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