Tout le violoncelle de Richard Strauss ? Daniel Müller-Schott, comme avant lui Ophélie Gaillard, l’a voulu. Quelle chance pour son violoncelle au beau timbre de baryton d’avoir pour la Sonate de jeunesse, si brahmsienne, le piano de paysages que lui distille Herbert Schuch, il n’a qu’à chanter avec lui, comme dans les deux Lieder (Zeuignung et Ich trage meine Minne) qu’il s’approprie avec une noblesse de phrasé digne d’un chanteur. Pourtant, ces trois merveilles seraient quasi quantité négligeable face à la stupéfiante version du Don Quixotte gravée à Melbourne en juin 2017. Pour ce poème romanesque où le violoncelle est un vrai personnage, et quasi d’opéra, il faut que l’orchestre et le soliste chantent ensemble. La direction pleine de fantaisie, d’une précision fanatique que déploie Andrew Davis est une des plus belle que l’ouvrage ait connue, du niveau de celle de Karajan ou de Clemens Kraus, élégante, sonore, saisie par une prise de son admirable qui montre toute l’invention d’un orchestre que Strauss aura écrit avec un art transcendant. Sur ces décors, face à ce théâtre, Daniel Müller-Schott fait vivre le chevalier, l’anime au sens premier : ce chant est celui d’une âme. Mais derrière l’émotion la vivacité de l’action, le caractère épisodique (au bon sens du terme) de l’ouvrage, la très haute fantaisie de l’écriture descriptive (la Sixième Variations est une folie !), nous font le plus vivant des Don Quixotte depuis ceux de Leonard Rose, de Paul Tortelier ou de Pierre Fournier. Admirable disque qui rend justice à un chef d’œuvre jamais aussi limpide qu’ici. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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