Quel contraste entre les Images et les Études de Debussy ! Là où les Images (1903 à 1907) en effet, représentent des images quasi-visuelles, remplies d'une imagination puissante et miraculeuse, les Études (1915) tendent vers une certaine abstraction, une exploration des propriétés de la substance musicale elle-même, avec la touche d'émotion juste, sans jamais aucun excès, mais dans une virtuosité assez effarante. Cette intégrale par Bavouzet se termine d'ailleurs par les ouvres les plus ardues, les plus acrobatiques même, une écriture étonnamment pianistique de la part d'un compositeur qui ne fut jamais un immense virtuose lui-même ; sans doute Debussy s'inspire-t-il ici des Études de ses deux plus illustres prédécesseurs dans le genre, Liszt et naturellement Chopin, mais dans un raffinement à la française qui exige du pianiste une longue maturation. C'est ainsi que Bavouzet s'est laissé librement influencer par Gieseking, Michelangeli, Kocsis, Richter, dont il revendique l'héritage. Résultat éblouissant s'il en est. En « bonus », on peut entendre la réalisation à partir d'une esquisse de six pages manuscrites précédant la version définitive de l'Étude pour les arpèges composés. Cette mise en parallèle permet de suivre le cheminement de l'écriture de Debussy, le processus de création et de nettoyage de son discours au fur et à mesure de l'inspiration.
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