Les interprètes proposent de ces célèbres «4 mains» une vision plutôt lumineuse, même dans l’épisode central en ré mineur de l’andante du K 521. L’enregistrement respire le plaisir de jouer ensemble, avec de petites coquetteries dans les échanges mais aussi quelques décisions étonnantes comme les arpèges descendants legato de l’andante du K 381 : cela titille l’attention de l’auditeur, mais fait un peu vaciller le travail de l’exceptionnel rythmicien qu’était Mozart. Idem pour la tendance à associer forte et marcato, et l’appui insistant sur les noires dans les andante à 3/4 (certes on doit y percevoir leur pulsation, mais avec cette musique tout est question de dosage). Les mouvements rapides sont plus convaincants malgré une certaine placidité (peut-être en partie imposée par l’instrument), tout comme l’adorable petite sonate du «Bach de Londres» qui montre, comme l’écrivait Léopold Mozart à son fils en août 1778, que «les petites choses sont grandes lorsqu’elles sont écrites en style naturel, coulant et facile, et composées savamment». Très beaux instruments rares appartenant à la collection de Richard Burnett (qu’on pouvait voir et jouer au manoir de Finchcocks jusqu’en 2015), dans une prise de son hélas un peu mate : un disque pas révolutionnaire, mais vraiment très agréable. (Olivier Eterradossi)
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