S'il fut un grand pédagogue et un virtuose adulé que la Revue de Paris n'hésita pas à qualifier de « meilleur clarinettiste de l'univers », Cavallini compositeur n'atteignait pas le même niveau (il est surtout connu des instrumentistes pour ses 30 caprices, incontournables des épreuves de recrutement). Loin du contenu musical de ceux de son modèle Weber, ses deux concertos sont fondés sur la virtuosité pure et accumulent toutes les difficultés et poncifs propres à l'instrument. Par contraste, le traitement de l'orchestre jouant les utilités rappelle les reproches faits aux orchestrations de Chopin. En revanche, les variations et fantaisies variées sont de belles réussites : mélodie fournie, reste à étaler son savoir-faire. La palme aux variations sur une romance russe : courez plage 13 et suivantes écouter comment un tyrolien fou s'invite aux noces de Tchaikovski et Puccini. Comme d'habitude le mélange des lyrismes slave et italien est un pur régal. Flattée par la prise de son, la clarinette de Porgo est irisée, égale, toute en rondeur et gouleyante même dans l'extrême vélocité et les sauts les plus acrobatiques. L'orchestre d'une belle couleur sombre sonne dans une perspective un peu artificielle. Un beau disque d'ouvres peu fréquentées, surtout pour fans de clarinette. (Olivier Eterradossi)
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