Quand il y en a Poulenc, il y en a pour l'autre, sauf Dukas qui, à propos du groupe des Six et autres ''coctistes'', parlait du... Bluff sur le toit (lettre à Paul Poujaud) ! Pas son genre d'en être le septième, ni de se marier à la tour Eiffel. Ce concerto stimulant, parfois stridulant, fut créé en 1932 à Venise par son compositeur et Jacques Février (on les a enregistrés, mais beaucoup plus tard). Des clins d'œil à de grands confrères, naturellement à Mozart dans le larghetto central. Du frais et du vivace pour un bel aujourd'hui (avec même écho de gamelan, expo coloniale oblige), mais au-delà du simple divertissement, aussi des passages d'une intense poésie. Pas se casser la nénette, mais en faisant quand même pleurer la zézette. Une commande de cette incontournable mécène, la princesse de Polignac, mais à jouer dans une niaque pas trop polie. Signée par un Francis un peu fiérot : ''Vous verrez que c'est un énorme pas sur mes œuvres précédentes et que j'entre vraiment dans ma grande période'' (lettre à Paul Collaer). Ici en concert public, l'interprétation nous change plutôt en bien, par une mise en avant du pupitre des vents (un petit côté Carnaval des animaux, la référence à Saint-Saëns n'étant pas déplacée concernant Poulenc). Un esprit cabaret canaille, mais où certains alentissements rajoutent à bon droit au sentimental du mystérieux. Seule réserve, une prise de son sur le tas, assourdie, peu aérée. En complément, cette ballade écossaise de Britten, plus elle va, plus elle devient intéressante, avec ses dissonances virant au rituel sonore magique (bonjour Jolivet ?), et ces mélodies traitées de manière parodique. Enfin, la première suite originellement orchestrale de Debussy, quasiment en contre-programme, passe en courant d'air jeuniste comme en plein carrefour du presque même nom. (Gilles-Daniel Percet)
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