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Le chef d'orchestre Ludovic Morlot, épris de la musique d'Henri Dutilleux, souligne brillamment l'inventivité et la sensualité de l'oeuvre du compositeur. En 1959, le compositeur Henri Dutilleux (1916-2013) s'envole pour la première fois vers les Etats-Unis. Il va assister à la création de sa Symphonie no 2, dite « Le double », une commande du chef d'orchestre Charles Munch pour le Boston Symphony Orchestra (il leur doit la première interprétation américaine de sa Symphonie no 1). C'est le début d'un fructueux compagnonnage entre le compositeur français et les grandes formations d'outre-Atlantique. Six ans plus tard, les mélomanes américains sont les premiers à découvrir Métaboles, commande du chef George Szell pour le Cleveland Orchestra. En 1978, Mstislav Rostropovitch et le National Symphony Orchestra créent à Washington Timbres, espace, mouvement, à l'initiative du violoncelliste. En 1997 enfin, le Boston Symphony Orchestra, dirigé par Seiji Ozawa, renouvelle sa vieille complicité avec Henri Dutilleux avec la première version de The Shadows of time, pour orchestre et voix d'enfants. L'oeuvre sera révisée en 2001 ; Dutilleux, de retour à Boston pour les ultimes détails de la recréation, y fera alors connaissance avec le tout jeune assistant d'Ozawa, le Lyonnais Ludovic Morlot (né en 1973). Le présent coffret, qui réunit presque tout l'oeuvre orchestral de Dutilleux (manque notamment Le Temps l'horloge, composé pour la soprano Renée Fleming) et quelques pièces chambristes, prend ses racines dans cette rencontre, suivie de bien d'autres, entre le compositeur et le chef d'orchestre en devenir. Devenu en 2011 directeur musical du Seattle Symphony, Ludovic Morlot a voulu faire découvrir aux musiciens cette musique qui le passionnait (et dont ils ignoraient tout), en les embarquant dans un programme approfondi et cohérent d'enregistrements et de concerts. Enregistré en live ou en studio entre 2014 et 2016, réuni en coffret par le propre label de l'orchestre à l'occasion du centenaire d'Henri Dutilleux, le résultat fait admirablement ressortir l'inventivité et la sensualité de cette musique généreuse, parfois lyrique, toujours accessible. D'excellents solistes (le violoncelliste Xavier Phillips, le violoniste Augustin Hadelich) apportent leur concours dans les oeuvres concertantes. Brillant et chamarré quand il le faut, le Seattle Symphony n'oublie jamais de mettre en valeur les jeux de textures, de timbres et de contrastes ménagés par Dutilleux, ni de satisfaire au double souhait qu'exprimait le compositeur : « J'attends la transparence, mais je compte aussi sur l'élan. » - Sophie Bourdais (Telerama)
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