Zubin Mehta adore les barnums d’orchestre, d’un geste tranquille, l’œil comme las, il sait vous déclencher de ces tempêtes ! La Symphonia Domestica, et son grossissement de la famille à l’échelle cosmique, est écrite pour lui ; écoutez un peu comment il vous proclame le charivari final, s’y souviendrait-il de la folie qu’y déclenchait Herbert von Karajan à Berlin ? Mais ce brio bruyant, même s'il est irrésistible (on imagine l’effet au concert, on y est d’ailleurs !) ne doit pas masquer tout ce qui, au long de la partition, relève de l’anecdotique, du charmant, du tendre, de l’heureusement descriptif que Mehta cisèle avec gourmandise, faisant sourire ses londoniens. Et Schéhérazade ? Il en aura donné à Los Angeles comme à Tel Aviv des versions cinématographiques où le conte se trouvait un rien noyé dans les décors. A Londres, avec le violon fluté d’Henrik Hochschild, l’espace est plus ouvert, le récit plus varié, l’effet s’oublie pour le suspens, on suit le récit pas à pas, quitte à perdre en magnificence. Mais pour les deux épisodes des amants, c’est merveille que cet orchestre de parfums beau comme des miniatures, et lorsque le vaisseau de Kalender se brise sur le récif, quel tsunami de sons ! Et si c’était des trois sa plus belle Shéhérazade ? (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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