Nos lecteurs les plus obstinément monoglottes sauront doctement que basso bailando, cela n'a rien à voir avec un petit chien qui bêle (un homme se penche sur son basset, imaginait Pierre Dac). Mais signifie une basse, et même une double basse qui tangue haut, et dont la conviction fait de ses boyaux absolument les nôtres. C'est d'autant plus vrai que les présents arrangements sont irrésistibles et que, bien que suédois, principalement capté en concert public, l'orchestre accompagnateur (aussi du violon et de la harpe) n'a en rien la froideur de l'acier. Piazzolla, pourtant ni prêtre ni roux, faisait originellement trépider un quintette pour marchander instrumentalement ces Quatre Saisons de la capitale argentine (composées fin années soixante), encore que pour lui le tango fut toujours moins fait pour les pieds que pour les oreilles (il est vrai qu'on n'a jamais vu aucune de ces dernières écrasées par un talon-aiguille malhabile, sauf au catch très habillé). On sent évidemment le melting-pot de l'homme qui aussi habita New York et son jazz, fut présenté à Ginastera par Arthur Rubinstein, et se vertébra classique en Europe auprès de Nadia Boulanger. Quant au prolifique italien Nino Rota, il donna beaucoup dans le cinéma (dont celui de Fellini), encore que curieusement pas cinéphile pour une lire. Son divertissement concertant fut composé pour le double bassiste Franco Petracchi, à commencer isolément par le second mouvement, tandis que le troisième était prévu pour accompagner le film Docteur Jivago, et que le dernier devait s'intituler "galop". Enfin, de Falla, dont on ne présente plus les Chansons populaires. Il rappelait qu'en en extrayant le rythme, la modalité, leurs lignes et motifs ornementaux caractéristiques, ainsi que leurs cadences modulantes, leur accompagnement rythmique avait autant d'importance que la chanson elle-même. Message ici même parfaitement reçu. (Gilles-Daniel Percet)
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