Robert King fut le premier à graver l’intégralité des Odes, l’entreprise pour Hyperion fut menée prestement, sept disques enregistrés entre 1988 et 1991. Le voir revenir trente plus tard dans ce répertoire qu’il aura marqué à jamais montre à quel point cette langue si singulière lui est devenue consubstantielle. Dès la déclamation qui introduit l’Ode pour James II dite avec éloquence par David de Winter, on sait que le propos sera plus intime, le geste plus réfléchi. Une nostalgie s’est instillée dans la direction émue de Robert King qui pare les danses d’une sorte de tristesse, écoutez le Menuet, et conduit les poèmes avec des attentions expressives. Sa nouvelle équipe de chant, où Charles Daniels et Matthew Brook font figures paternelles, saisit les textes avec autant d’imagination que de musicalité. Si l’ode pour le Roi James est toute mélancolie, les deux odes festives pour les anniversaires de la Reine Marie développent leurs célébrations dans une tendre lumière animée par l’ensemble instrumental fluide qui se marie en teintes subtiles avec les solistes. On aura connu des versions plus éclatantes, et par King lui-même, mais la poésie de tout cela, que je pourrais résumer dans les interventions inspirées et le chant dellerien d’Iestyn Davies, est précieuse, et va chercher l’émotion dans le cœur lyrique de ces œuvres où Purcell mit tant d’inventions. Y aura-t-il une suite? Je l’espère. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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