Mendelssohn fut un prodigieux aquarelliste, serait-ce à celles-ci que Stéphane De May songe en gravant l’intégrale des Romances sans paroles ? Il les joue sous l’abat-jour, avec une poésie certaine, des rubatos justes, et sans oublier que dans ses lieder sans paroles doit tout de même se faire entendre une voix. Je dois bien avouer qu’aux premières écoutes cette façon si discrète, ce cantabile subtil m’auront laissé un rien en retrait : le pianiste avait pris un chemin trop effacé pour moi, j’avais trop dans la tête les caractères plus contrastés, les pianos plus opulents de Rena Kyriakou ou de Livia Rev. Mais en herborisant dans les huit cahiers, en allant d’un Gondolier vénitien à la Complainte d’un pâtre, cette manière sensible m’aura gagné. Venant d’un pianiste qui avait si bien réussi ses Nocturnes de Chopin comment pourrais-je m’en étonner ? (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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