Claude Le Jeune a vécu une des périodes les plus troublées de l'histoire, pendant laquelle les conflits religieux l'ont forcé à changer plusieurs fois de résidence et de protectorat. Embrasser la religion réformée compliquait en effet singulièrement la vie d'un compositeur d'alors, habituellement employé par l'Église pour travailler en qualité de maître de chapelle. Rien de tel pour ce musicien, tôt converti à la nouvelle religion qui lui vaut d'échapper de peu à la mort, mais à laquelle il restera toujours fidèle. Cet engagement se perçoit aisément dans son ouvre, qui comporte une grande quantité de psaumes en français de tous effectifs et de toutes sortes : psaumes en contrepoint, psaumes harmonisés, psaumes "mesurés à l'Antique" sur des textes catholiques de Jean-Antoine de Baïf ou du protestant Agrippa d'Aubigné, psaumes chefs-d'ouvre célébrant magistralement l'Édit de Nantes... Malgré sa religion, Le Jeune par son talent est amené à côtoyer la cour et à travailler pour Charles IX et Henri III. C'est probablement ce qui nous vaut de posséder de lui plusieurs motets latins, un Magnificat et une Messe, résultant de commandes ponctuelles. Dans ces pièces, il travaille comme ses contemporains à partir des mélodies grégoriennes de référence et démontre toute son habileté de polyphoniste du Nord. À l'avènement de Henri IV, son ancien coreligionnaire, il devient "compositeur de la Chambre du Roy" mais compose certainement quelques pièces associées aux célébrations accompagnant sa montée sur le trône. Psaumes en français, motets en latin, où se fait sentir tour à tour la présence des mélodies du psautier huguenot et celle du chant grégorien : la musique de ce programme illustre bien la tolérance souhaitée alors par bon nombre de Français. © Abeille Musique
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon, Amazon Marketplace.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :