Mettant de côté les grandes pages bien connues du répertoire pour violoncelle seul, de Bach à aujourd’hui, le violoncelliste italien Luciano Tarantino nous convie à un étonnant voyage, piquant notre curiosité. Ce sont les pages typées de Mon Cirque de Paul Tortelier qui ouvrent ce disque. La Sonate de Prokofiev à l’écriture un peu épaisse contraste avec l’Etude en mi mineur de Rostropovitch, pochade “à la Chostakovitch”. L’univers encore romantique de la Suite d’Alexandre Tcherepnine se teinte de couleurs orientales : un hommage à la Chine qui accueillit le compositeur. La Toccata capricciosa de l’Américain d’origine hongroise Miklos Rozsa impressionne par les sauts d’octaves, une virtuosité débridée et une justesse délicate à préserver. Disciple d’Antonio Janigro et Milko Kelemen, Giovanni Sollima compose, aujourd’hui, une œuvre musicale qui fait appel aussi bien aux styles classiques qu’aux musiques actuelles comme le jazz, le rock et les traditions des cultures populaires méditerranéennes. Les deux pièces jouées étonnent par leur inventivité. Luciano Tarantino a réuni diverses miniatures, autant de variations, de la transcription d’Asturia d’Albeniz, à un tango de Piazzolla, un blues de Diezig. Les interprétations de Luciano Tarantino qui joue un Carlo Antonio Testore de 1736 sont saisissantes de présence. Non seulement la prise valorise la plus infime respiration, mais le soliste caractérise chaque pièce avec beaucoup de verve et d’intelligence. (Jean Dandrésy)
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