Y a-t-il une «école» albanaise de composition pour le piano comme il y a une école allemande ou française? Sans doute pas. Mais ce pays, qui n’a acquis son indépendance qu’en 1912-1913 et qui a vécu plusieurs décennies sous le joug communiste d’Enver Hoxha (de 1950 à 1985) n’en a pas moins engendré des compositeurs de talent, dont les œuvres méritent d’être jouées et écoutées. Marsida Koni, pianiste albanaise peu connue chez nous, mais célébrée chez elle, a retenu neuf d’entre eux : du plus ancien (né en 1923) au plus jeune (né en 1963), ils déploient un langage souvent postromantique, mais aussi parfois néoclassique ou un peu plus novateur (l’Albanie communiste était néanmoins très isolée des innovations musicales beaucoup plus radicales de l’Europe de l’Ouest). Et chacun explore les différentes façons de faire une place, dans une musique à vocation clairement universelle, aux accents folkloriques albanais, ottomans ou gréco-balkaniques. Ce très beau voyage à travers un univers musical riche et peu connu comporte plusieurs pièces vraiment séduisantes. L’enregistrement, réalisé à Cesena en décembre 2017, restitue bien la chaleur du jeu de Marsida Koni. (Emmanuel Lacoue-Labarthe)
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