Musique pour deux pianos

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Fnac En blanc et en noir de Debussy ainsi que Visions de l'Amen sont toutes deux des ouvres de temps de guerre : 1915 pour Debussy, qui signe là un de ses ultimes chefs-d'ouvre achevés, 1943 pour Messiaen qui trouvait déjà sa voie harmonique, ornithologique, religieuse et « chromatiste » - cela afin de ne pas utiliser le terme « chromatique » qui comporte un autre sens en musique ; le néologisme s'appliquerait à des associations de couleurs et de sons). Les deux compositeurs usent des deux pianos de manière tout à fait différente : chez Debussy, grande unité d'écriture entre les instruments, tandis que Messiaen semble presque écrire un concerto pour piano et piano. En effet, le second piano (celui que tenait Messiaen) se voit confier les mélodies, l'expression, la couleur, tandis que le premier (tenu par la toute jeune Yvonne Loriod, dix-sept ans et pas encore Madame Messiaen) se charge des aspects percussifs, brillants, moteurs.Voilà, en tous les cas, un intelligent couplage, qui souligne clairement la filiation de Debussy à Messiaen, y compris dans l'ultime écriture pianistique de Claude de France, largement digérée par Olivier d'Avignon. Certes, En blanc et en noir bénéficie d'une architecture compacte, ramassée, allant à l'essentiel en quelque quinze minutes de musique, tandis que les Visions de l'Amen durent quasiment une heure, mais il fallait bien cela à Messiaen pour qu'il fasse le tour de tous les Amen possibles, entre la Création, les Etoiles, l'Agonie de Jésus, les petits zoziaux, le Jugement et le Désir. c'est que le compositeur, fraîchement retourné de captivité en Allemagne, se sent très proche de la jeune Yvonne Loriod tout en gardant sa fidélité à son épouse Claire, qui sombrait lentement dans la démence. Rien d'étonnant donc à ce que se côtoient le désir, le jugement, l'agonie et la création.

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En blanc et en noir de Debussy ainsi que Visions de l'Amen sont toutes deux des ouvres de temps de guerre : 1915 pour Debussy, qui signe là un de ses ultimes chefs-d'ouvre achevés, 1943 pour Messiaen qui trouvait déjà sa voie harmonique, ornithologique, religieuse et « chromatiste » - cela afin de ne pas utiliser le terme « chromatique » qui comporte un autre sens en musique ; le néologisme s'appliquerait à des associations de couleurs et de sons). Les deux compositeurs usent des deux pianos de manière tout à fait différente : chez Debussy, grande unité d'écriture entre les instruments, tandis que Messiaen semble presque écrire un concerto pour piano et piano. En effet, le second piano (celui que tenait Messiaen) se voit confier les mélodies, l'expression, la couleur, tandis que le premier (tenu par la toute jeune Yvonne Loriod, dix-sept ans et pas encore Madame Messiaen) se charge des aspects percussifs, brillants, moteurs.Voilà, en tous les cas, un intelligent couplage, qui souligne clairement la filiation de Debussy à Messiaen, y compris dans l'ultime écriture pianistique de Claude de France, largement digérée par Olivier d'Avignon. Certes, En blanc et en noir bénéficie d'une architecture compacte, ramassée, allant à l'essentiel en quelque quinze minutes de musique, tandis que les Visions de l'Amen durent quasiment une heure, mais il fallait bien cela à Messiaen pour qu'il fasse le tour de tous les Amen possibles, entre la Création, les Etoiles, l'Agonie de Jésus, les petits zoziaux, le Jugement et le Désir. c'est que le compositeur, fraîchement retourné de captivité en Allemagne, se sent très proche de la jeune Yvonne Loriod tout en gardant sa fidélité à son épouse Claire, qui sombrait lentement dans la démence. Rien d'étonnant donc à ce que se côtoient le désir, le jugement, l'agonie et la création.


Spécifications du produit

Marque NAXOS
EAN
  • 0747313247271
MPN
  • 8572472


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