Le compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara (* 1928), lancé par Sibelius qui lui fit parvenir une bourse d'études états-unienne, ne renia jamais les racines classiques de sa musique. Fermement ancré dans la tonalité, la modalité, dans les textures néo-romantiques, il a pourtant souvent adopté les techniques. sérielles ! Eh oui, on peut être à la fois dodécaphonique, tonal et romantique. Dans ces conditions, le dodécaphonisme s'apparente plutôt à un cahier des charges personnel, pas nécessairement orienté vers l'auditeur, une forme de mysticisme musical intime. Et justement, Rautavaara verse dans le mysticisme le plus intense, en particulier dans ses ouvres chorales, pour la plupart le fruit de commandes - grand symphoniste, il ne se considère pourtant pas comme compositeur choral, étonnant si l'on sait combien ses pièces pour chour sont célèbres, pas seulement en Finlande ! Sans doute la plus connue de ces ouvres est la minuscule Suite de Lorca de 1973 même pas six minutes pour quatre miniatures de toute beauté. Toujours sur des textes de Lorca, la Canción de nuestro tiempo (1993) fut commandé par le Tokyo Philharmonic Chorus ; le compositeur reprit certains passages dans sa Huitième symphonie, ce qui témoigne de l'ampleur symphonique de son écriture chorale, tout à fait inouïe - dans le sens premier du terme. Car Rautavaara se sert des voix comme des instruments, exigeant des sonorités rares, exotiques, complexes, impossibles à situer. superbe. Jusqu'au bout du CD, l'auditeur découvrira la phénoménale conception du chour qu'a su développer ce compositeur hors-normes, discret et pourtant présent sur toutes les grandes scènes mondiales ; une mention spéciale le douloureux Halavan himmean alla, écrit d'après une scène d'un de ses opéras. Enfin, notez que Our Joyful's Feast de 2008 est présenté en première discographique.
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