«Soirée à faire pleurer les pierres, disparues depuis l’album microsillon que tout Mozartien chérissait, conservait pieusement, et se jouait pour y entendre le piano d’Alfred Brendel se glisser dans la soie profonde de la voix de Jessye Norman. Ch’io mi scordi di te? en apesanteur, si tendre, si désarmant, chanté avec la voix du bon Dieu. J’en avais oublié l’autre air de concert, où vient chanter le violon de Hugh Maguire qui paraissait après l’Ouverture d’Idomeneo (les œuvres réunies ici sont toutes liées à Idomeneo) : Non più! Tutto ascoltai aussi subtilement chanté. Une 40e Symphonie sans appui, vive, filant telle une comète rappelle que Sir Neville Marriner et ses musiciens n’ignoraient rien des apports de l’interprétation historiquement informée : si les instruments sont modernes, les accents, les rythmes, le jeu d’ensemble n’a plus grand-chose à voir avec la manière dont les formations symphoniques jouaient alors Mozart. Cette soirée immaculée se referme par un 25e Concerto d’une tendresse toute effusive, Brendel chante doucement, comme en rêve, le petit orchestre, lui, est un jardin, c’est à pleurer. Quelles retrouvailles !»
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